Résonance

Notre monde n’a de cesse de s’accélérer et d’innover. Vouloir tout atteindre, tout maîtriser et exploiter, sont révélateurs d’un besoin de la toute puissance de l’Homme. Et si notre folie était de se comporter de la même façon en espérant s’attendre à un résultat différent ?

Cie 47.49 François Veyrunes

 

Création 2022 pour sept danseurs - Tout public

 

« La résonance est un mode de relation où peut se déployer un lien entre moi et quelque chose qui m’est “ extérieur ” : mon corps, mon esprit, la nature, les autres (...) quelque chose sort du monde, vient vers moi, me touche et me transforme.

C’est un mode d’appropriation existentielle du monde. »

Extrait interview Hartmut Rosa, La Croix, 18-10-2018

 

Notre monde n’a de cesse de s’accélérer et d’innover. Le contrat social se désagrège, la planète s’échauffe. Les tragédies s’enchaînent comme s’enfilent des perles sur un collier depuis l’aube de l’humanité. Les relations hiérarchiques implicites entre les femmes et les hommes comme entre la Nature et les Hommes sont des positions de surplomb. Le vouloir tout atteindre, tout maîtriser et exploiter, sont révélateurs d’un besoin inextinguible de la toute puissance de l’Homme, artisan-de- sa-propre-destruction.

Et si la folie des hommes était de se comporter de la même façon en espérant s’attendre à un résultat différent ?

Lors du processus de création, nous nous laisserons travailler en immersion dans des espaces naturels, traverser par les éléments. L’Être, le Nous, la relation, toutes formes du Vivant, seront au centre de notre attention. Prendre le temps nécessaire de déployer nos espaces intérieurs et extérieurs comme autant de lieux de liberté, en partage aux confins de la vitalité de l’Être et de la Nature. S’ouvrir à l’altérité en reconsidérant le monde du vivant dans son ensemble et en saisir l’intelligence. Etirer l’espace, distordre l’écoulement du temps, incarner encore et davantage cette tension qui nous relie entre la terre et le ciel, en suspensions infinies.

 

Depuis un processus conduisant les artistes, de l’espace naturel au plateau, les situations chorégraphiques les amènent à révéler une dimension existentielle, au delà des défis physiques et sensibles qu’ils recouvrent, dans une sincérité, une intégrité et une exigence toujours renouvelée.

 

Bande son - Note d’intention

Des éléments musicaux de « La Passion selon Saint Jean » d’Arvo Pärt viendront s’inscrire dans une tension dynamique avec une écriture sonore électro. Appartenant à nos mythes fondateurs de notre Culture Judéo-Chrétienne et de fait, à notre inconscient collectif, il est entendu comme un processus « actif » et non comme une histoire passée d’un dogme religieux. Il nous interroge profondément sur notre relation intime à la souffrance, à la mort et donc à la vie. Pärt base son écriture sobre d’une profonde spiritualité, trois notes parfois, une ou deux voix, un matériau simple, primitif, un minimalisme mystique qui fascine ou dérange. La partie électro, travaillée notamment à partir de sons collectés dans la nature, vient se positionner comme un/le référentiel contemporain.